« Alerte Attentat, bonjour »

« Alerte Attentat, bonjour »
20 novembre 2015

Depuis le vendredi 13 novembre 2015, ce sont 27 agents de la police judiciaire qui arment 24h sur 24, 7 jours sur 7 la cellule « alerte attentat ». Leur mission : recueillir toutes les informations susceptibles de les aider à comprendre ce qui s'est passé au cours de cette dramatique nuit.


Un profil particulier pour remplir cette mission ?

Aujourd'hui, ce n'est pas le critère essentiel pour venir travailler.

Les attentats ont plongé la capitale dans l’horreur, et tous les agents des offices centraux de police judiciaire ont été rappelés. Ainsi ce sont des policiers, gendarmes et officiers fiscaux judiciaires qui se côtoient, peu importe leur statut ou leurs missions habituelles, pour répondre aux appels incessants du « 197 ».

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Nous, on traite ordinairement du financier, aujourd'hui c'est un crime. Mais être là libère les officiers de police judiciaire qui sont plus utiles en étant dehors

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Thierry, officier fiscal judiciaire

Tous ces agents sont rodés à l'exercice: nom, prénom, numéro de téléphone, informations, sont les questions incontournables posées à chacun des appelants.

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Le chef de salle a briefé tous ses agents : aucun appel ne doit être laissé de côté, toutes les informations doivent impérativement faire l'objet d'une fiche informatique.
Leur rôle n'est pas d'effectuer un filtre entre ce qui peut être vrai ou non, chaque détail peut compter pour l'aboutissement de l'enquête. Depuis vendredi, ils ont répondu à plus de 10 000 appels.

Parfois, ce sont des personnes désorientées qui appellent : victimes ou familles de victimes. Elles n'ont rien à signaler mais elles ont besoin d'information, de réconfort ou encore de comprendre ce qui s'est produit.

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Pour Stéphane, policier, cette situation est normale, le « 197 » étant un numéro ouvert jour comme nuit. A sa droite, un grand panneau recense d'ailleurs tous les numéros qui peuvent lui être utile : assistance aux victimes, information sur l'identification des victimes....

Même si ce rôle d'aiguillage n'est pas le sien, Stéphane ne néglige aucun interlocuteur.

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Il serait impensable qu'une personne en détresse ou en souffrance ne puisse pas obtenir une réponse, un numéro de notre part

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Pour certains de ces agents, être présent dans cette cellule alerte attentat est malheureusement une habitude.

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J'étais parti en week-end en province, mais quand j'ai vu les informations, je suis tout de suite revenu sur Paris pour travailler. Pour moi c'était un réflexe normal car j'ai fait aussitôt le parallèle avec les attentats de Charlie Hebdo

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Tous ont conscience que ces jours-ci, ils ne mèneront pas d'enquête, et se contenteront de transmettre la totalité de leurs fiches à la sous-direction anti-terroriste. Mais ils savent que leur travail est indispensable pour retrouver les auteurs des attentats.

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