Déchaînez la police !

Déchaînez la police !
29 novembre 2018

Il y a une trentaine d’années, répondant à l’appel du modernisme, la Police a troqué son cabriolet pour une paire de menottes.

 Avec étonnement, ou nostalgie selon votre âge, découvrez cet objet qui a accompagné le policier pendant presque deux siècles.


« Nul ne peut être soumis au port des menottes ou des entraves que s’il est considéré soit comme dangereux pour autrui ou pour lui-même, soit comme susceptible de tenter de prendre la fuite. » (art. 803 du CPP).

L’évolution technique permet à l’Homme de se libérer de ses chaînes, au sens propre comme au figuré. Nos menottes actuelles, en ce début de XXIe siècle, peuvent paraître quelques peu rustiques et rudes pour certains individus récalcitrants. Néanmoins, elles présentent un net progrès en matière de « confort » pour l’intéressé ! Avant les « pinces », on utilisait un cabriolet qui pouvait parfois occasionner des blessures plus ou moins profondes, selon l’agitation de celui qui les portait.

Ledit cabriolet était composé de deux poignées en bois (plus rarement en métal) reliées par une chaînette d’environ 25 ou 30 cm. Cette chaînette permettait d’entourer le ou les poignets d’un individu que l’on souhaitait conduire d’un endroit à un autre. C’est d’ailleurs cette idée de « conduire » une personne contre son gré qui a donné son nom à l’objet, faisant référence à l’attelage d’un cabriolet.

Cet outil a été distribué aux forces de l’ordre durant la majeure partie des XIXe et XXe siècles. Pour la Police nationale, il a même été distribué jusqu’au début des années 1980, avant qu’une note interne ne sonne officiellement son glas. Pourtant, on l’a encore trouvé dans les équipages parisiens de police-secours jusqu’en 1986, comme en témoigne Jean-Michel, réserviste à la DGPN. «A cette époque, il n’était pas rare de ne trouver qu’une seule paire de menottes modernes pour tout un équipage ! Heureusement, la plupart des policiers avaient encore un cabriolet à la ceinture», nous assure-t-il.

Aujourd’hui, vous pouvez toujours en trouver quelques-uns sur les étals des brocanteurs ou chez les collectionneurs. A défaut d’être utile, votre petit trésor peut avoir son charme et faire naître la curiosité de vos interlocuteurs.