Entre ciel et terre, 4000 mètres de frissons

Entre ciel et terre, 4000 mètres de frissons
15 février 2018

Courage, cohésion, engagement physique et moral, gestion du stress sont des qualités essentielles pour un policier. Penser à sa sécurité, à celle de ses équipiers, garder le contrôle pour éviter le pire est une nécessité. Et si pour une fois, certains policiers décidaient de lâcher prise, de se laisser aller pour éprouver ce sentiment profond de liberté ?


C’est le défi que se sont lancés les policiers membres de l’association parachutiste de la Police nationale ( APPN ). En solo, en tandem, à l’occasion d’un stage ou d’une compétition, ils bravent le vide.

Nous avons décidé de faire un saut à Cahors (46) pour rencontrer les policiers qui participaient à la coupe de France 2017 « Parachutisme de précision d’atterrissage ».

Se préparer au grand saut

120 km/heure. C’est la vitesse moyenne qu’il nous a fallu pour rallier Paris à l’aérodrome de Cahors Lalbenque, dans le Lot. Ce n’est rien comparé au 200 km/h ressentis en chute libre, parachute sur le dos, qui nous attendent.

À notre arrivée sur le site, 45 policiers sont regroupés depuis la veille. Entre autres amateurs de nouvelles sensations, des parachutistes expérimentés nous accueillent chaleureusement. Enfin, ceux dont les pieds touchent encore le sol ! Il suffit de lever la tête pour distinguer de petites taches noires dans le ciel.

Au fur et à mesure, ces formes difficilement identifiables laissent place à des ombres, celles des parachutistes qui apparaissent lentement à proximité de la cible d’atterrissage.

Les meilleurs atteignent aisément le centre, d’autres doivent encore se perfectionner.

Ce jour-là se déroule la coupe de France Police « Parachutisme de précision d’atterrissage », sous l’égide de la Fédération sportive de la Police nationale (FSPN).

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L’Association parachutiste de la Police nationale a été créée en 1977 par des policiers passionnés de parachutisme. D’abord affiliée à la Fédération française de parachutisme, l'APPN ( www.appn.asso.st ) a obtenu par la suite une seconde affiliation auprès de la Fédération Sportive de la Police Française (FSPF) devenue aujourd’hui la FSPN.

Son action consiste principalement à l’organisation de stages d’apprentissage et de perfectionnement, ainsi qu’à la préparation des sportifs pour leur participation aux compétitions régionales, nationales ou internationales de parachutisme.

C’est la technique de pilotage et l’analyse des conditions météo qui font toute la différence.

Dans la soirée, nous sommes surpris de constater l’heure prématurée à laquelle ces hommes et femmes regagnent leur baraquement. Même si l’ambiance est plutôt conviviale, ces assoiffés de sensations fortes ne négligent pas la rigueur imposée par ce sport. Et notamment, celle de se maintenir en condition physique avant de faire le grand saut.

Le lendemain matin, au premier rayon de lumière, les premiers parachutistes apparaissent aux abords de la piste d’atterrissage. Une certaine déception se lit sur leur visage : un épais brouillard s’est installé au-dessus de l’aérodrome et de ses alentours.

La météo : c’est le paramètre que les parachutistes redoutent le plus et qui remet un temps en question leur voyage entre ciel et terre.

Il faut alors s’armer de patience et attendre une éclaircie. C’est l’occasion pour chaque participant de contrôler son matériel et de vérifier une dernière fois que leur parachute est correctement plié. Un parachutiste expérimenté met entre 5 et 10 minutes pour plier son parachute. Il faut en moyenne une vingtaine de minutes pour cette étape, primordiale pour assurer sa sécurité. Une ouverture brutale voire dangereuse est souvent la conséquence d’un mauvais pliage.

Aucun des policiers présents ne souhaite courir ce risque. De la même façon qu’ils ont l’habitude de manipuler leur arme, tous prennent le temps de s’équiper minutieusement avant de rejoindre le tarmac où les attend l’avion.

Direction le « Blue sky »

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Pour certains, il s’agit de leur tout premier saut. Une certaine appréhension est palpable. Mais ces novices peuvent compter sur les conseils et le soutien inconditionnel des parachutistes les plus aguerris. Rapidement, l’inquiétude laisse place à une émulation collective, car le moteur commun à chacun d’entre eux est l’adrénaline.

Le soleil, qui fait timidement son apparition, donne le top départ. Parachute sur le dos, altimètre au poignet et lunettes autour du cou, ils embarquent dans l’avion.

Ce n’est qu’à l’ouverture de la porte, 4000 mètres au-dessus du sol, que les débutants retiennent leur souffle. Un dernier regard, pour s’encourager mutuellement et se souhaiter « bon saut ». La plupart d’entre eux n’arrivent pas à exprimer clairement les sensations éprouvées lorsqu’ils se jettent dans le vide. C’est un moment unique, qui ne mérite pas nécessairement d’être raconté, mais plutôt d’être vécu. Et pour d’autres, il s’agit d’un incomparable sentiment de liberté. Le vide et la vitesse font de la chute libre la phase la plus palpitante du saut jusqu’à l’ouverture du parachute ; à partir de 1500 mètres pour les débutants, jusqu’à 850 mètres pour les parachutistes confirmés.

Juste le temps de se remettre de ses émotions qu’il faut amorcer l’atterrissage…

Une fois la terre ferme regagnée, une seule question se pose ; à quand le prochain saut ?

LE SAVIEZ-VOUS ?

Le RAID est l’unique direction de la Police nationale à posséder un groupe de parachutistes. Il intervient sur les sites sensibles à partir de l’avion de la police aux frontières (PAF).

Parachutisme

Ce groupe compte 12 chuteurs opérationnels dont 2 moniteurs de tandem et 1 maître-chien. En outre, les parachutistes les plus chevronnés comptabilisent 10 000 sauts.

Para RAID2