La lutte contre les violences intrafamiliales, une priorité absolue de la police nationale

La lutte contre les violences intrafamiliales, une priorité absolue de la police nationale
3 septembre 2021

En 2020, 126 335 victimes de violences intrafamiliales ont été recensées par les services de police dans le cadre de leurs enquêtes judiciaires (+ 4 % par rapport à 2019).

En moyenne, la police nationale enregistre 255 plaintes pour violences conjugales par jour.
Le traitement de cette forme de violences a été érigé en priorité gouvernementale et est ainsi devenu un motif majeur d’intervention des services de police et de traitement procédural. En effet, l’identification des situations à risque fait désormais l’objet d’un traitement prioritaire, chaque nouveau fait de violences intrafamiliales est systématiquement porté à la connaissance de l’autorité judiciaire.
Les violences au sein du couple sont protéiformes et peuvent coexister. Leurs manifestations sont les suivantes :
•    Physiques (bousculades, morsures, coups avec ou sans objet, brûlures, strangulations, séquestrations… ) ;
•    Verbales (injures, cris, menaces… ) ;
•    Psychologiques (intimidations, humiliations, dévalorisations, chantages affectifs, interdiction de fréquenter des amis, la famille… ) ;
•    Sexuelles (agressions sexuelles, viols, pratiques imposées) ;
•    Matérielles (briser, lancer des objets) ;
•    Économiques (contrôle des dépenses, des moyens de paiement, interdiction de travailler) ;
•    Administratives (confiscation de documents tels que carte nationale d’identité, carte vitale, passeport, livret de famille, carnet de santé, diplôme… ).

DES POLICIERS FORMÉS À L’ACCUEIL ET AU TRAVAIL EN RÉSEAU

En 2020, 20 874 policiers ont été formés aux violences conjugales ainsi qu’à l’utilisation de la grille d’évaluation du danger, qui se présente sous la forme de 23 questions fermées, dont quatre définissent un degré de danger particulier. Elle vise à apprécier le niveau de danger encouru par la victime et, combiné avec d’autres éléments de contexte, peut conduire à la mise en œuvre de mesures d’accompagnement et de protection. Ces formations permettent notamment aux policiers de mieux appréhender le concept d’emprise psychologique vécue par les victimes, de favoriser la libération de leur parole et de les orienter vers des intervenants sociaux, des psychologues et des associations d’aide aux victimes.

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DES INNOVATIONS EN COMMISSARIAT POUR INCITER AU DÉPÔT DE PLAINTE

Dans le cadre du Grenelle contre les violences faites aux femmes, des initiatives ont été prises localement par les policiers, notamment pour améliorer l’accompagnement des victimes, telles que :

  • La création d’un tableau d’accueil-confidentialité qui évite aux victimes de formuler à plusieurs reprises le motif de leur venue au commissariat,
  • La remise d’un document d’information via un QR code, pour garantir la confidentialité de ces données.
  • La mise en place d’un dispositif permettant de recontacter chaque victime de violences conjugales.

LA NOMINATION D’UNE RESPONSABLE NATIONALE AUPRÈS DU DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA POLICE NATIONALE

Une responsable nationale de la lutte contre les violences intrafamiliales a été nommée à la date du 1er septembre 2021, auprès du directeur général de la police nationale. Il s’agit de la commissaire de police Gabrielle Hazan, à laquelle 3 missions principales ont été confiées :

1°) S’assurer que les dispositifs créés dans le cadre du Grenelle des violences conjugales soient mis en œuvre de façon homogène sur l’ensemble du territoire national et qu’ils bénéficient à toutes les victimes.

2°) Être un point de contact identifié et privilégié pour les partenaires institutionnels et associatifs (services de la justice, mairies, associations d’aide aux victimes… ).

3°) Être force de proposition et porter de nouvelles idées pour améliorer la lutte contre les violences intrafamiliales, grâce à l’animation d’un réseau de référents locaux exerçant quotidiennement leur mission au contact des victimes.

UNE PLATEFORME NUMÉRIQUE POUR SIGNALER LES VIOLENCES EN TOUTE CONFIDENTIALITÉ

Il est également possible de prendre attache avec la police nationale par l’intermédiaire de son portail de signalement des violences sexuelles et sexistes (PSVSS), qui vient proposer aux victimes qui n’osent pas franchir la porte d’un service de police un autre moyen de libérer leur parole. Permettant aux victimes d’échanger, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, avec l’un des 30 policiers, spécialement formés, grâce à un outil de type tchat, cette structure a vocation à permettre une meilleure prise en charge des victimes de violences sexuelles et sexistes, et un accompagnement adapté à chaque situation.

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DES INITIATIVES ET UNE AMÉLIORATION CONTINUE

La police nationale encourage les initiatives individuelles et collectives en matière de lutte contre les violences conjugales et intrafamiliales. Elle travaille main dans la main avec les associations dans le but d’établir un climat de confiance avec les victimes. D’autres actions sont à saluer, à l’image de celle de Maïva Hamadouche, policière et multiple championne du monde de boxe, qui dispense des cours de sa discipline aux victimes afin qu’elles reprennent possession de leur corps en complément d’un accompagnement psychologique.

VICTIME OU TÉMOIN, voici les numéros utiles :

  • 17 police
  • 114 urgence par SMS pour les sourds et malentendants
  • 3919 violence femme info
  • 119 enfance en danger
  • 116 006 aide aux victimes
  • 115 hébergement social d’urgence
  • 112 numéro européen d’alerte
  • Tchat PSVSS
  • arretonslesviolences.gouv.fr
  • moncommissariat.fr
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