Nice : scène de crime

Nice : scène de crime
1 juillet 2013

À l'occasion du passage du Tour de France à Nice, une simulation de scène de crime va investir la cité. Le commandant de police Pascal Repingon, chef de la division de la communication de la Police Judiciaire nous en fait le détail.


SICoP : Sur le stand Police Nationale de Nice, qui va accueillir le public ?

Pascal Repingon :Je serais présent pour veiller au bon déroulement de l'animation et pour répondre aux questions que le public peut se poser sur la DCPJ (direction centrale de la police judiciaire). Nous aurons aussi des techniciens de la police technique et scientifique (PTS) qui seront chargés d'expliquer les rouages de leur métier et de répondre aux questions générales liées à son service.

SICoP : En quoi consiste l'animation que vous allez proposer ?

P. R. : Nous allons recréer un appartement dans lequel un crime a été commis. Sur place, deux techniciens de la PTS vont se charger de faire vivre l'ensemble. Le premier, avec un micro, expliquera aux passants ce qui se passe devant leurs yeux tandis que son collègue se chargera de faire les constatations protocolaires. Photos, relevés d'empreintes et de diverses traces, prélèvements ADN... Le but est de coller le plus possible à la réalité, aussi bien par le biais des procédures que du matériel utilisé. Cette première partie, qui devrait durer une quinzaine de minutes, sera suivi d'un petit quizz qui permettra aux gagnants de recevoir des cadeaux. Ensuite, entre deux simulations, nous projetterons sur grand écran des films sur les différentes spécialités de la PTS.

SICoP : Pourquoi une telle mise en scène ?

P. R. : Le but est de répondre à une attente bien réelle du public en ce qui concerne les fameux « Experts. » Bien que très populaire, cette série n'est pas toujours en accord avec la réalité. Par le biais de cette simulation, nous pouvons rétablir l'ordre des choses et montrer ce qu'est vraiment le travail d'un technicien. Après, au-delà de cette mise au point, cet espace nous permet de répondre à de jeunes passionnés qui ont pour vocation de faire carrière dans ce milieu. Formations, possibilité d'évolution professionnelle... Les interrogations sont nombreuses et il n'est pas toujours facile de se renseigner sur un secteur aussi spécifique.

SICoP : Mais pourquoi le faire sur le Tour de France ?

P. R. : Organiser cette simulation à l'occasion du Tour nous permet d'attirer un public qui ne serait pas venu à nous de lui-même. Lorsque nous animons un stand à l'occasion des journées de la sécurité intérieure ou que nous réalisons une reproduction de scène de crime dans un lycée, nos spectateurs font la démarche de venir à nous. En utilisant le Tour, la Police peut toucher une population plus large et pluriculturelle.

SICoP : Quel est l’impact d’un événement de ce genre ?

P. R. : Vous savez, le retour que nous avons est tout simplement immédiat ! Le public est, dans un premier temps, ravi de voir ce mélange entre fiction et réalité. Après, lorsque les passants se prennent au jeu et observent avec attention la simulation, ils sont très surpris de ce qu'ils voient. Plus tard, au niveau des organisateurs et de leurs partenaires, la conclusion est à peu près la même : rien à redire.

SICoP : Vous parliez, tout à l'heure, de l'impact de la popularité des « Experts. » Qu'a-t-elle changé pour la Police ?

P. R. : Cette popularité est à peu près tout aussi positive que problématique... Si ces séries nous apportent un grand nombre de jeunes désireux de rejoindre les rangs de la PTS, elles ont la fâcheuse habitude d'inculquer au public une image parfois déformée de la réalité.

SICoP : Par exemple ?

P. R. : Beaucoup sont surpris lorsque nous leur expliquons qu'il ne suffit pas d'appuyer sur un bouton pour avoir les noms, prénoms et numéros de sécurité sociale des assassins. Les manipulations sont très nombreuses et autrement plus complexes que cela... Autre point souvent mal compris, c'est que la science est une aide à l'enquête. Contrairement à ce que montre la télé avec des techniciens se chargeant de réaliser la totalité des investigations, la PTS ne se charge pas des auditions et des interpellations. Leur concours est, évidemment, une aide précieuse, mais le scientifique n'est pas un enquêteur... Il ne rencontre pas les témoins et n'interroge pas les suspects. 

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