Une cérémonie 2 en 1 pour les officiers de la 26ᵉ promotion

Une cérémonie 2 en 1 pour les officiers de la 26ᵉ promotion
23 février 2022

La cérémonie de sortie de la 26ᵉ promotion d’officiers, baptisée promotion » Nicolas Revello », a eu lieu le 18 février 2022.


Composée de 99 officiers et de deux détachés, la 26e promotion d’officiers est entrée à l’école nationale supérieure de police (ENSP) le 31 août 2020 pour une formation de 18 mois composée notamment de périodes d’apprentissages partagées avec les commissaires et les gardiens de la paix. Les officiers seront titularisés le 1er mars 2022.

En ouverture de cette cérémonie, le ministre de l’Intérieur a baptisé la 26e promotion « Nicolas Revello » du nom du capitaine CRS décédé tragiquement en montagne au cours d’une opération de secours dans la barre des Écrins. Il a rappelé cet évènement lors de son discours adressé aux nouveaux officiers en lui rendant hommage qui incarnait, à lui seul,« l’engagement dans ce qu’il a de plus noble, le don de soi dans ce qu’il a de plus absolu ».

Cérémonie

S’ensuivit la translation du drapeau entre la 25e et la 26e promotion remis par Martine Coudert, directrice de l’ENSP, symbolisant ainsi la continuité de la charge et des valeurs du corps des officiers au fil des générations : « Vous portez la ceinture tricolore, qu’elle représente toujours pour vous esprit de civisme, de courage et d’abnégation ».

À l’issue des honneurs au drapeau et après avoir reçu l’épée des officiers de police des mains du ministre, Mehdi, major de la 26e promotion, a prêté serment aux côtés de l’ensemble de sa promotion : « Je m’engage à assumer fidèlement les devoirs et responsabilités de l'officier de police ; de fonder mon action sur la Constitution, les lois et règlements, le code de déontologie de la police et de la gendarmerie nationales, dans le respect absolu des personnes ; de servir avec dignité et loyauté la République, ses principes de liberté, d'égalité et de fraternité, et sa Constitution ».

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À cet engagement individuel prononcé devant les autorités et les proches, le major a interrogé sa promotion sur cet engagement et tous, à voix haute et intelligible, ont répondu : « Oui, nous nous engageons ». Enfin, le ministre de l’Intérieur a conclu la cérémonie par un discours adressé aux officiers rendant hommage à « un métier grand, beau, exigeant et difficile », tout en rappelant les valeurs de la police nationale auxquelles ils devront se référer tout au long de leur carrière et leur souhaitant de s’épanouir dans leurs fonctions.

À l’issue de cette cérémonie, sous le regard bienveillant et fier des familles, les 99 officiers de police ont procédé au « lancer de casquette » concluant ce moment fort dont ils se souviendront.

Parmi les officiers, 52 étaient issus du concours interne, dont le major de promotion Mehdi. Ce dernier n’en est pas à sa première : major de sa formation de cadet de la République et major de la 231e promotion de gardien de la Paix. Un parcours sans faute qui lui a permis de réussir l’examen de brigadier de police où il exerçait des missions d’enquêteur à la DRPJ de Versailles avant son entrée en école d’officier. Son message :« Être major, pour moi, c’est une immense fierté et c’est aussi l’aboutissement de nombreux sacrifices et de nombreux efforts. » Il ajoute :« Si vous avez vraiment envie, alors allez-y. Le concours interne est une belle opportunité ». Le lieutenant de police explique que« la formation officier nécessite un fort investissement, car la charge de travail est intense. Il faut rester déterminé pour ne pas perdre le wagon. » C’est avec humilité que Mehdi nous explique avoir tout à apprendre de ses nouveaux collègues, à définir ensemble des objectifs communs et à ainsi susciter l’adhésion d’un groupe uni pour mener à bien leurs futures enquêtes à l’Unité d’appui opérationnel d’Élancourt (78).

Rodolphe et Guillaume, internes également, ont tous deux des parcours plus expérimentés qu’ils nous proposent de revivre. À 51 ans, Rodolphe a intégré l’ENSP par la voie d’accès professionnelle et y est entré tardivement avec une énorme motivation.« J’étais le plus ancien de la promotion et mes collègues m’ont choyé. La police est une grande famille avec beaucoup d’entraide ».

Sa vie de famille était au départ sa priorité et c’est lorsque ses enfants ont grandi qu’il s’est lancé dans la concrétisation d’une nouvelle carrière. Désormais officier, il est prêt à découvrir une nouvelle thématique, celle de l’investigation, parmi l’Unité des enquêtes générales de Rouen. Guillaume, quant à lui, deviendra chef de la sûreté urbaine de Pontarlier après avoir suivi la plupart de sa formation en stage en Martinique, lieu de sa dernière affectation.

Entré dans la police nationale en 2001, après avoir servi dans l’armée de l’air, Guillaume a exercé ses fonctions en police-secours puis en investigation près de Saint-Étienne et a ensuite occupé un poste à la section criminelle de la police judiciaire en Martinique. Il a choisi d’être policier pour« avoir un métier d’action au service du citoyen »et est devenu officier parce qu’il souhaite avoir un rôle « d’aidant et de sachant auprès de ses collègues ». N’étant jamais resté plus de quatre ans dans un poste, il s’imagine déjà dans quelques années et se dit « prêt à travailler dans la coopération ou du moins sur un poste tourné vers l’international » dans la police nationale.

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Clémence, Justine et Daphné sont devenues officiers en obtenant le concours par voie externe comme 44 autres collègues de leur promotion.

Sortie d’un master relations internationales, Clémence a choisi la CRS 1 en sortie d’école. Elle nous déclare avoir« un grand sens du service public et vouloir représenter la République. »L’ENSP, elle connaît ! En effet, elle a suivi la Classe de préparation intégrée à Cannes-Ecluse et, en trente mois de formation, elle a« connu trois hivers, quatre promotions d’officiers et la venue de deux ministres ».

Justine, quant à elle, connaît déjà le monde professionnel après avoir passé quatre ans dans une entreprise de communication et un an à la découverte de la Nouvelle-Zélande, enchaînant les jobs saisonniers. Pourquoi alors devenir officier ? Pour elle, c’est« la réalisation d’un rêve de gamine qui [a] souhaité mûrir son choix »avant de s’engager dans la police nationale et d’assumer complètement celui-ci en choisissant d’être chef d’unité d’appui de proximité à Gonnesse (95). Cette dernière se souviendra des sélections pour la garde au drapeau, elle qui n’avait pas du tout d’appétence pour l’aspect protocolaire à l’origine ; désormais, elle est fière d’en faire partie et de représenter sa promotion lors des cérémonies surtout lorsque l’on sait que c’est une garde avec une majorité de femmes.

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Daphné, anciennement contractuelle à la Direction du renseignement à la Préfecture de Paris, est devenue officier par le concours externe n’étant pas éligible au concours interne. Elle prendra ses fonctions à Nice au Service d’ordre public en tant qu’adjoint de compagnie d’intervention. Un premier poste sur la voie publique qui, d’après elle, est essentiel pour connaître le métier et qui lui sera très formateur :« C’est un challenge à relever dans un milieu très masculin de voie publique. Il me faudra un moment d’adaptation et d’observation pour trouver un bon équilibre  et travailler au mieux avec mes futurs collègues ». Sa formation à l’ENSP a été particulière due à la pandémie mais pour autant, elle considère que la promotion a réussi à maintenir un esprit de cohésion.

Selon Daphné, l’éponyme « Nicolas Revello » représente l’engagement, le sens de l’autre et le sens du sacrifice qui fait partie de notre métier. La promotion tenait à mettre à l’honneur« les CRS qui sont trop souvent laissés de côté pour les noms de promotion. C’est donc un honneur de l’avoir choisi ».