Commémorations du D-Day : au cœur de la sécurisation avec un tireur de haute précision

Policier du RAID
Sandrine Sarfati / police nationale

Alexandre, 35 ans, est tireur de haute précision au RAID (recherche, assistance, intervention et dissuasion) à la section d’appui opérationnel. Un métier de rigueur qu’il exerce depuis 2022.

En quoi consiste votre mission sur la sécurisation du 80e anniversaire du Débarquement ?

Passionné par l’histoire de la seconde Guerre Mondiale, je me suis porté volontaire pour assurer cette mission.

Aujourd’hui, je suis positionné sur le toit de l’aéroport de Caen Carpiquet pour assurer la sécurité de chefs d’État. Il y a notamment le président américain Joe Biden qui arrive en avion avec sa délégation à bord d’Air Force One avant de se rendre à Colleville-sur-mer en hélicoptère pour assister à la suite des commémorations.

Ma mission est de vérifier qu’il n’y ait pas de tireur embusqué ou camouflé sur le périmètre. Ce volet d’observation et de transmission de l’information est primordial. Pour cela, j’utilise des jumelles et un spotter (appareil plus puissant que des jumelles). J’observe également les conditions météos, à l’aide d’un anémomètre (mesure de la vitesse du vent) et je contrôle la pression atmosphérique. En effet, si je dois intervenir pour neutraliser un individu dangereux, sur ordre de ma hiérarchie, mon tir risque d’être dévié si je n’analyse pas la situation en amont. À mes côtés, j’ai un fusil de précision pour grande distance. Je travaille en binôme pour assurer cette mission.

Comment êtes-vous devenu tireur d’élite ?

Dès l’âge de 10 ans, j’ai su que je voulais devenir policier, que je voulais aider les autres, protéger, servir…  Avec mon père, lui-même policier, on jouait au policier et au voleur dans le jardin.

C’est en 2007 que je suis rentré dans la police nationale en tant que cadet de la République. Puis, je suis devenu policier adjoint avant de réussir le concours de gardien de la paix en 2013. J’ai été en police secours en région parisienne jusqu’en 2019. Une expérience très enrichissante, au cours de laquelle j’ai beaucoup appris. J’ai ensuite rejoint la BAC (brigade anti-criminalité) pendant trois ans pour lutter contre la délinquance de voie publique et les flagrants délits.

En 2022, j’ai passé les tests du RAID, que j’ai réussis du premier coup. Lorsque j’ai appris que j’intégrais ce service spécialisé, c’était un rêve qui se réalisait ! J’ai suivi une formation initiale au RAID de 4 mois avant de rejoindre le groupe des tireurs de haute précision, où j’ai suivi une formation spécialisée de 3 mois.

Quels sont vos conseils pour réussir les tests du RAID ?

Il est primordial, selon moi, d’acquérir de l’expérience police avant de tenter les sélections du RAID. Des unités comme les police-secours permettent d’acquérir des connaissances très complètes.

Les tests du RAID comportent un socle commun d’épreuves ainsi que des épreuves par spécialités (tir, cynotechnie, négociation ...). Il y a des épreuves physiques, un oral, des simulations de cas police, des épreuves de cran au cours desquelles on teste les différentes phobies : aisance aquatique, claustrophobie, vertige, etc.

Je me suis préparé de manière intense pendant deux ans notamment en m’inscrivant dans un club de tir et en poursuivant le crossfit que je pratique depuis 2017. J’ai complété mes entraînements avec des séances de boxe et de natation. 

Quelles sont les qualités essentielles pour être tireur de haute précision ?

Pour exercer mon métier, il faut être ordonné, autonome, endurant mentalement et physiquement. Il faut également savoir faire preuve d’adaptabilité, d’endurance et de rusticité : les missions durent plusieurs heures !